Les vaccins

 

Vacciner un enfant ou un adolescent

Pourquoi faut-il vacciner son enfant ?

Les vaccinations sont le moyen le plus efficace de se protéger contre des maladies contagieuses qui peuvent avoir des conséquences graves. L’invention des vaccins est sans aucun doute le résultat de la recherche médicale le plus important dans la lutte contre les maladies infectieuses.
De nos jours, 1 million 500 000 enfants décèdent dans le monde de maladies évitables par la vaccination.

La vaccination permet une protection individuelle mais aussi collective. Certaines maladies comme la Polyomyélite et la diphtérie ont disparu en France grâce à une vaccination efficace. Lorsque la couverture vaccinale diminue, on peut voir réapparaître certaines maladies (épidémie de rougeole entre 2008 et 2013, recrudescence de la coqueluche depuis 2009). Les personnes non vaccinées peuvent alors être en danger. Ce d’autant que les échanges et les déplacements internationaux multiplient les risques d’épidémies.

Certaines maladies sont plus graves chez le bébé ou le jeune enfant (coqueluche, Haemophilus Influenzae, méningite à pneumocoque ou méningocoque), d’autres développent des formes plus graves chez les adultes et les femmes enceintes (rougeole, rubéole).

 

En faisant vacciner votre enfant, vous le protégez lui, ses camarades, sa famille, les nouveau-nés, les femmes enceintes et les gens qu’il croise en général car vous permettez d’enrayer la propagation des maladies infectieuses graves. 

 

 

Comment le vaccin agit-il?

Le vaccin est l’injection d’une très petite quantité de virus dans le corps qui va pousser l’organisme à développer des anticorps contre la ou les maladies qu’il contient. Ces anticorps restent en réserve, prêts à agir si votre enfant rencontre la maladie. En cas d’infection, ils se multiplieront à nouveau et permettront à l’organisme de se défendre rapidement (mémoire immunologique).

Quels sont les vaccins obligatoires ?

11 vaccins obligatoires en France actuellement

Depuis le 1er janvier 2018, huit vaccinations, auparavant recommandées sont devenues obligatoires contre :

  • la coqueluche,
  • les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B,
  • les infections à pneumocoque,
  • les infections invasives à méningocoque de sérogroupe C,
  • la rougeole,
  • les oreillons
  • la rubéole
  • la Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite (qui était déjà obligatoire) 

Ces vaccins faisaient déjà partie des vaccins recommandés depuis plusieurs années et la plupart d’entre vous les réalisait.

Ces 11 vaccinations doivent être administrées, sauf contre-indication médicale reconnue (Cf ci dessous), avant les 18 mois de l’enfant. Il vous sera demandé une attestation (présence sur le carnet de santé) pour l’entrée ou le maintien en collectivité de tout enfant né à partir du 1er janvier 2018.

Calendrier vaccinal

 

calendrier vaccinal 2020

Comment se passe la vaccination ?

Les vaccins se font par une injection intramusculaire dans la face antéro-externe des cuisses du nourrisson et de l’enfant.

A partir de 6 ans, le vaccin se fait en général dans le bras au niveau de la partie supéro-externe (muscle deltoïde). Il peut être réalisé dans la face antéro-externe de la cuisse si l’enfant le souhaite.

vaccin sur la cuisse ou sur l'épaule

Les vaccins qui regroupent plusieurs maladies

On les appelle les vaccins hexavalents. Ce sont les vaccins Hexyon® ou Infanrix Hexa® qui protègent contre 6 maladies : la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus B et l’hépatite B. 

En ne faisant qu’un vaccin pour plusieurs maladies, on permet à l’enfant d’avoir moins d’injections et donc moins d’adjuvants. 

Les grands prématurés de moins de 32 semaines ou les bébés de moins de deux kilos à la naissance doivent avoir 4 doses de ces vaccins: à la naissance, à 1 mois, à 2 mois et 6 mois. Il est très important de vacciner tôt les nourrissons contre la coqueluche, et de les protéger de l’épiglottite et de la méningite (liés à l’Haemophilus B) car ces maladies sont très graves. 

Comment éviter à mon enfant d’avoir mal lors du vaccin ?

Il est important d’expliquer et de rassurer l’enfant avant la consultation prévue pour les vaccins.

Des moyens simples comme lui faire un câlin, le distraire avec un jouet ou son doudou, lui donner sa tétine peuvent le rassurer et diminuer la douleur.
Si votre enfant est allaité, il est possible de donner le sein pendant la vaccination.
Si votre enfant prend des biberons, il est possible de lui donner un peu d’eau sucrée (diluer 1 morceau de sucre de 5 grammes dans 20 ml d’eau) ou de lui donner son biberon de lait pendant le vaccin. Il existe en pharmacie des préparations de 2 ml de saccharose à 24% (le prix reste élevé). Ces solutions sucrées sont indiquées dans la prise en charge de la douleur liée aux soins désagréables chez le nourrisson de 0 à 4 mois.

Pour les plus de 4 mois, on peut aussi utiliser des anesthésiques locaux : pansements ou crèmes à base de lidocaïne et de prilocaiïne (Ex. EMLA 5%® patch et crème, ANESDERM 5 % crème® et autres génériques). Ils permettent une anesthésie des couches superficielles de la peau. Ils sont à poser 1 heure avant la consultation sur les faces antéro-externes des cuisses pour les nourrissons ou sur la face supéro-externe du bras (muscle deltoïde) pour les enfants de plus de 6 ans. L’anesthésie obtenue persiste jusqu’à 2 heures après le retrait du pansement.

Y a-t’il des raisons pour ne pas vacciner mon enfant ?

Aucune exemption n’est autorisée sans une contre-indication médicale reconnue pour un des vaccins.

Les contre-indications générales

  • Une allergie grave à l’un des composants (ce qui en pratique est rarissime chez le petit enfant)

Les contre-indications pour les vaccins contenant la valence coquelucheuse 

  • Antécédent, lors d’une administration précédente, d’une encéphalopathie d’étiologie inconnue, survenue dans les 7 jours après vaccination.

Les contre-indications pour le ROR

  • Les déficits immunitaires congénitaux ou acquis.
En cas de maladie bénigne ou de fièvre, il suffit de retarder la vaccination de 1- 2 semaines.

https://www.infovac.fr/vaccins/contre-indications-vaccinales

Y a-t’il des des effets secondaires aux vaccins ?

Il y a généralement très peu de réactions aux vaccins mais cela peut arriver. Elles sont très faibles et apparaissent en général dans les 48h qui suivent l’injection du vaccin et disparaissent ensuite. 

L’enfant peut présenter autour du point de l’injection une petite rougeur qui parfois s’accompagne d’une petite tuméfaction plus ou moins douloureuse.  Il peut aussi avoir de la fièvre souvent inférieure à 39°. La fièvre est le témoin d’une réaction immunitaire. Il est important de la respecter. Le paracétamol peut diminuer l’efficacité du vaccin. Il est donc important de ne donner du paracétamol que si la fièvre est mal tolérée et non en systématique.

Certains nourrissons peuvent pleurer beaucoup durant quelques heures après les vaccins. Certains nourrissons peuvent moins s’alimenter pendant 24h. Ceci n’est pas grave.

Les manifestations post-vaccinales graves sont extrêmement rares et font l’objet d’un suivi et de recherches approfondies.

Enfin, un symptôme observé après une vaccination peut ne pas être dû à la vaccination. Certains événements peuvent s’exprimer de façon indépendante du vaccin mais être observés dans les suites d’une vaccination. La déclaration de certaines maladies (maladies auto-immunes ou inflammatoires, autisme, allergies) peut survenir chez des personnes qui ont été vaccinées. Le vaccin n’en est pour autant pas nécessairement la cause.

Y a-t’ il des vaccins recommandés pour l’entourage de l’enfant ?

Oui, le vaccin contre la coqueluche et le vaccin contre la grippe saisonnière dans certains cas.

Les cas de coqueluche chez les nourrissons de moins de 6 mois sont rares grâce à la bonne couverture vaccinale à cet âge. Mais le virus circule encore dans la population. Les nourrissons sont contaminés par les parents dans plus de 50% des cas. Il est donc important d’effectuer un rappel chez les adultes au contact du nourrisson s’ils n’ont pas eu de vaccination contre la coqueluche au cours des cinq dernières années.

L’enjeu du rappel de vaccination des adolescents et des adultes contre la coqueluche est d’éviter les cas de coqueluche chez les nourrissons de moins de 6 mois, non encore protégés par la vaccination et à risque de coqueluche grave, potentiellement mortelle.

Il est recommandé à l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de se faire vacciner contre le virus de la grippe saisonnière

  • les prématurés, notamment ceux porteurs de séquelles à type broncho-dysplasie
  • les enfants atteints de cardiopathie congénitale
  • les enfants atteints de déficit immunitaire congénital
  • les enfants atteints de pathologie pulmonaire
  • les enfants atteints de pathologie neurologique ou neuromusculaire
  • les enfants atteints d’une affection de longue durée

Pourquoi la vaccination contre le papillovirus (HPV) est-elle recommandée ?

En France, près de 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année et environ 1 000 femmes en décèdent.

Les infections à Papillovirus Humain se transmettent lors de contacts sexuels. 80% des femmes sont exposées à ce virus et dans 60% des cas l’infection a lieu au début des relations sexuelles. C’est pourquoi cette vaccination est proposée en France essentiellement aux jeunes filles. 

Le vaccin effectué avant le début de la vie sexuelle a une efficacité pour éviter l’infection par les HPV proche de 100%.

Ce vaccin est donc préconisé pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans. 2 à 3 injections peuvent être nécessaires. Il est aussi recommandé dans le cadre d’un rattrapage vaccinal pour les adolescentes et jeunes femmes de 15 à 19 ans.  

Certains pays ont décidé de vacciner tous les adolescents, garçons ou filles. 

En savoir plus : Infections à papillomavirus humains – La documentation sur vaccination-info-service

Adolescentes

Que pensez des adjuvants comme l’aluminium ?

Beaucoup de vaccins nécessitent des adjuvants pour être efficaces, le plus fréquemment utilisé un sel d’aluminium. L’aluminium est l’adjuvant le plus efficace pour les vaccins humains. Retirer l’aluminium diminuerait l’efficacité des vaccins et donc à conduirait à une diminution de la protection. Les adjuvants renforcent en effet l’effet protecteur du système immunitaire.

On retrouve la présence d’aluminium dans l’organisme humain dès la naissance.L’aluminium est d’ailleurs présent dans notre alimentation quotidienne. Les doses contenues dans les vaccins sont extrêmement  éloignées des doses toxiques.
Le fait d’avoir un granulome contenant de l’aluminium au lieu d’injection des vaccins est un phénomène normal et connu.
Il n’existe aucune corrélation entre la constatation d’un granulome au point d’injection des vaccins et une maladie systémique.

Références:

  • J.-P. Goullé, L. Grangeot-Keros. Aluminium et vaccins, ce que l’on sait aujourd’hui. Médecine et maladies infectieuses 2020;50:16–21
  • Siegrist CA. Les adjuvants vaccinaux et la myofasciite à macrophages Arch Pediatr 2005; 12: 96-101 
  • Mitkus RJ et al. Updated aluminium pharmacokinetics following infant exposures through diet and vaccination. Vaccine. 2011; 29: 9538-43. 

Autres questions relatives aux vaccins

Le vaccin Rougeole-Rubéole-Oreillons (ROR) augmente t’il le risque d’autisme ?

Non, à ce jour les études ne montrent aucun lien entre le vaccin ROR et la survenue d’un autisme chez un enfant vacciné.

  • Références :
    R Cohen et al. Vaccin contre rougeole, oreillons et rubéole.Journal de pédiatrie et de puériculture 2020;33:13-19
  • http://www.invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Couverture-vaccinale/Donnees/Rougeole-rubeole-oreillons. •
  • DeStefano F. Vaccines and autism. Pediatr Infect Dis J 2001; 20(9):887-8. 
  • Jefferson T et al. Unintended events following immunization with MMR: a systematic review. Vaccine 2003; 21(25-26):3954-60. 
  • Bungener M et Hadchouel M.Rôle des institutions dans la gestion de la fraude scientifique : l’exemple de la Délégation à l’intégrité scientifique de l’Inserm. La presse médicale 2012;41(9):841-46.
  • Stehr-Green P et al. Autism and thimerosal-containing vaccines: lack of consistent evidence for an association. Am J Prev Med 2003; 25(2):101-6. 
  • Halsey NA Hyman SL. Measles-mumps-rubella vaccine and autistic spectrum disorder: report from the New Challenges in Childhood Immunizations Conference convened in Oak Brook, Illinois, June 12-13, 2000. Pediatrics 2001; 107(5):E84. 
  • Farrington CP et al. MMR and autism: further evidence against a causal association. Vaccine 2001. 
  • Fombonne E et al. No Evidence for A New Variant of Measles-Mumps-Rubella–Induced Autism Pediatrics 2001.  
  • Smeeth L et al. MMR vaccination and pervasive developmental disorders: a case-control study. Lancet 2004 
  • Madsen KM et al. A population-based study of measles, mumps, and rubella vaccination and autism. New England Journal of Medecine 2002. 
Le vaccin contre l’hépatite B augmente t’il le risque de sclérose en plaque ?

Non, il n’a pas été démontré scientifiquement que le vaccin contre l’hépatite B est un facteur de risque au développement de la Sclérose en plaque.

Références :

  • C Goujon et al. Vaccination et sclérose en plaques : les résultats d’une enquête Delphi. Medmal2017;47(4):S131-2.C Goujon et al. Vaccination et sclérose en plaques : les résultats d’une enquête Delphi. Medmal2017;47(4):S131-2.
  • C Lebrun et al.Vaccinations et sclérose en plaques : recommandations de la société francophone de la sclérose en plaques. Revue neurologique 2019;175(1):S161
  • Belloni C et al. No evidence of autoimmunity in 6-year-old children immunized at birth with recombinant hepatitis B vaccine. Pediatrics 2002;110(1 Pt 1):e4. 
  • Demicheli V et al. Hepatitis B vaccination and multiple sclerosis: evidence from a systematic review. J Viral Hepat 2003; 10(5):343-4. 
  • Merelli E et al. Prognostic factors in multiple sclerosis: role of intercurrent infections and vaccinations against influenza and hepatitis B. Neurol Sci 2000; 21(4 Suppl 2):S853-6. 
  • Mikaeloff Y et al. Hepatitis B vaccination and the risk of childhood onset multiple sclerosis. Arch Pediatr Adolesc Med 2007;161:1176-1182. 
  • Mikaeloff Y et al. Hepatitis B vaccine and risk of relapse after first childhood CNS inflammatory demyelination. Brain 2007; 130:1105-1110.
Le vaccin contre la méningite à Haemophillus Influenza augmente t’il le risque de diabète ?

Non, il n’a pas été mis en évidence que le vaccin contre la méningite Haemophilus Influenzae provoquait le diabète.

Références :

  • E Morgan et al.Vaccinations and childhood type 1 diabetes mellitus: a meta-analysis of observational studies. Diabetologia 2016;59:237-43E Morgan et al.Vaccinations and childhood type 1 diabetes mellitus: a meta-analysis of observational studies. Diabetologia 2016;59:237-43
  • Black SB et al. Lack of association between receipt of conjugate haemophilus influenzae type B vaccine (HbOC) in infancy and risk of type 1 (juvenile onset) diabetes: long term follow-up of the HbOC efficacy trial cohort. Pediatr Infect Dis J 2002; 21(6):568-9. 
  • Karvonen M et al. Association between type 1 diabetes and Haemophilus influenzae type b vaccination: birth cohort study. Bmj 1999; 318(7192):1169-72. 
  • DeStefano, F., et al., Childhood vaccinations, vaccination timing, and risk of type 1 diabetes mellitus. Pediatrics, 2001. 108(6): p. E112.
  • M Z. Dudley et al.Do Vaccines Cause Diabetes?The Clinician’s Vaccine Safety Resource Guide  2018 ;pp 225-229|
La vaccination des nourrissons joue t’elle un rôle déclenchant dans la mort subite ?

Non, il n’y a pas de corrélation entre mort subite du nourrisson et la vaccination.

 

Autres références générales